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4/29/2008 Cette nuit où je me suis perdue dans une bibliothèque v.2Le même sujet mais écrit différemment.
Etre perdue c’est ne pas savoir où on est. Et je sais où je suis. Je suis dans le rayon mathématique appliquée à la construction de pyramide à angle droit isocèle. Maintenant il faut juste que je me souvienne quels rayons (et dans quel ordre) emprunter pour retrouver la sortie. Alors je dois sûrement passer par l’histoire ancienne du Moyen-âge en l’an 3000 puisque j’ai un livre sur la cité de l’an 3300 à 1100. Malheureusement, depuis qu’ils ont supprimé les néons pour les remplacer par des lampes à huile, on voit beaucoup moins bien, forcément… Mais le bibliothécaire trouvait que c’était plus vrai comme ça. Si mes souvenirs sont bons, à côté de ce rayon, il doit y avoir le rayon sur la philosophie contemporaine analyser par Platon, et la sortie devrait être proche… Logiquement. Si ce n’est que le rayon de droite est remplie de livre jaune fluo, encore une fantaisie du bibliothécaire qui devait penser que ranger les livres par couleur devait être plus harmonieux ; le rayon de gauche sur la composition des feuilles en papier aluminium des livres, en face de moi, il y a un mur et derrière un rayon sans livre. Me voila bien. En cas de perdition, il ne faut surtout pas bouger et attendre les secours. Mais est-ce que ça s’applique à une errance dans une bibliothèque ? On va admettre que oui, et attendre. Pour passer l’ennui je pourrais bien lire un livre mais j’y connais rien en pyramide à angle droit isocèle. De plus, les bouquins de math sont toujours les plus vicelards. Une seconde d’inattention et hop ! Une virgule et nouveau signe apparaissent et on se retrouve avec des pyramides à angle droit isocèle, avec le bout pointu vers le bas.
Allez ! Marre d’attendre ! Je me risque à escalader une étagère, des fois que je vois la sortie. Seulement escalader une étagère de bibliothèque n’est pas évident. Il est vrai qu’on ne peut pas comprendre tant qu’on n’a pas essayé. Le problème est que les livres à eux seuls sont plus grands que mes tibias donc le support sur lesquels ils se tiennent, ben ils sont encore plus grands. Et moi qui suis pas douée en gym, me voila obligé d’élever mon pied bien au dessus de mon genou, de la poser sur l’étagère du dessus, monter la bougie d’un étage, prendre de nouveau appuie avec mes mains, ensuite de me soulever avec mon pied et de recommencer avec l’autre jambe, une bonne dizaine de fois. Une autre lubie du bibliothécaire qui trouve qu’il faut de gigantesque rayon dans une bibliothèque, mais sans prévoir les échelles qui vont avec. Arrivée en haut, à bout de souffle bien évidemment car en plus de ne pas être souple, je ne suis pas endurante non plus, j’ai enfin une vision dégagée de la bibliothèque, enfin du moins, de l’ensemble éclairé par ma bougie, car mon ingénieux plan avait omis de prendre en compte la suppression des néons.
Donc pour résumer je suis perdue, fatiguée sur une étagère de math appliquée au pyramide à angle droit isocèle. Et maintenant ? Je peux éliminer l’option sauter d’étagère en étagère jusqu’à la sortie, elles sont beaucoup trop éloignées l’une de l’autre. Je peux toujours redescendre, mais je ne m’en sens pas le courage. Donc, il ne reste que la troisième solution, que j’avais déjà envisagée, rester là et ne pas bouger en attendant les secours. D’après ce que j’ai entendu des dernières nouvelles, le bibliothécaire doit changer la porte d’entrée tôt demain matin, car les portes automatiques transparente ne sont pas en accord avec une bibliothèques, seule une porte en bois massif avec une grosse serrure et une grosse clef peut convenir…d’après le bibliothécaire j’entends.
_ Bonsoir Demoiselle ! dit une voix s’élevant du sol. Je me penche avec prudence en direction de celle-ci, pour apercevoir un homme qui ne devait être ni vieux ni jeune, à qui on donnait difficilement un âge en fait, à cause de sa barbe qui descendait jusqu’à mi-buste. Il était habillé d’une longue robe verte qui descendait jusqu’au cheville, on voyait juste dépasser ses chaussures blanches. Il tenait à la main droite une lampe à huile et à la gauche un livre épais. D’après ce que j’avais entendu, je pu facilement deviner à qui j’avais à faire. _ Vous êtes le bibliothécaire ?!!!! _Oui, en effet. _ Cool, attendez j’arrive La perspective de sortir d’ici a rendu la perspective de descendre beaucoup plus attrayante. Après quelques torsions, je parviens au niveau de mon interlocuteur, à nouveau à bout de souffle à nouveau. Je me penche pour reprendre ma respiration, et note au passage que ce que j’avais pris pour des chaussures blanches, sont en fait des chaussettes. _ Très important, dis-je, il y a des toilettes pas loin ? _ Il n’y a pas de toilette dans une bibliothèque ! dit-il l’air contrarié. Vous devez sortir, il y a des toilettes publiques pas très loin. _ D’accord j’irai après, c’est pas grave. _ Très bien, dit-il en faisant mine de partir. _ Attendez ! Puisque vous êtes là… euh… vous pourriez m’aider ? D’ailleurs pourquoi vous êtes là ? _ Eh bien comme demain matin je dois changer les portes de la bibliothèque, j’en ai profité pour venir plus tôt et changer les panneaux qui indiquent le contenu des rayons. Maintenant ils sont écrits en gothique, ça fait plus vrai comme ça. Et vous pourquoi vous êtes là ?!!! _ Oh, moi ?!! C’est pour un devoir scolaire, on m’a demandé de me perdre dans une bibliothèque… une nuit… _ Ah d’accord. _ Ca ne semble pas vous surprendre... ni vous gêner… _ C’est le rôle d’un bibliothécaire. _ Ah bon ? Je croyais qu’il fallait juste avoir le plus de bouquins possibles dans ses rayons. Il me regarda d’un air horrifié. _ Sachez demoiselle, que le métier de bibliothécaire, et un vrai sacerdoce, il faut certes avoir des étagères remplis, mais pas avec n’importe quoi, il faut choisir des ouvrages de qualité, il faut également veiller à l’intégrité des livres, il faut également… _ Oui, oui excusez moi, il est vrai que ce n’est pas un métier facile, dis-je en espérant qu’il ne soit pas trop fâché, car sinon il pourrait ne pas m’aider. _ En plus de ça l’uniforme est très désagréable. _L’uniforme ?!! _ Ben oui, vous croyez que je porte la barbe par plaisir, ça me gêne, et ça gratte. _ J’ignorais que les bibliothécaire devait porter le même costume que les mages… _ Les mages ? Oh… _ Vous avez confondu les deux ? _ Bien sûr que non !!! Il ne semblait pourtant pas très convaincu. _ Les chaussettes aussi font parties du personnage ? repris-je. _ Les chaussettes ? dit-il en regardant ses pieds. Non, j’ai juste oublié de mettre mes chaussures. Il se tait quelques secondes. _ Je dois vous paraître bizarre non ? Pour un bibliothécaire j’entends. _ Je connais un bibliothécaire qui est un orang-outang si ça peu vous rassurer… _ Ah vraiment ? Et où l’avez-vous rencontrer ? _ Dans un livre. _ Ah. Il semble se plonger dans ses réflexions, pendant un moment, et je n’ose pas le déranger, après avoir remis en cause son métier, et l’image qu’il en avait… Il vaut mieux temporiser un peu, je ne veux pas le fâcher encore plus. _ Et ça a marché ? _ Quoi ? _ Votre devoir ? Vous avez réussi à vous perdre ? _ Euh… Oui, mais maintenant j’aimerais ne plus être perdue. Vous pourriez me raccompagner jusqu’à la sortie, s’il vous plait ? _ Non. _ Ah ? Mais… enfin, pourquoi ? dis-je avec un brin de panique dans la voix. _ Parce que j’ignore où elle est. _ Vous êtes perdu aussi ? _ Non. _ Mais vous ignorez où est la sortie ? _Oui. _ Donc vous êtes perdu. _ Non être perdu, c’est ne pas savoir où on est, et je sais où je suis, dans le rayon mathémati… _ Oh ça va, elle est trop cliché cette phrase, je l’ai déjà faite au début. Vous compter nous sortir de là comment. _ Eh bien quand on est perdu il faut pas bouger et attendre. _ Je vois… TrackbacksThe trackback URL for this entry is: http://lecturoland.spaces.live.com/blog/cns!F814285495747775!571.trak Weblogs that reference this entry
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